
Les Verres
Les Grandes Verreries d’exception

Baccarat n’a pas seulement créé des objets; elle a sculpté l’art de vivre à la française. En 1841, elle donne naissance au modèle Harcourt. Avec sa taille à côtes plates et son pied hexagonal, ce verre n’est pas un simple contenant : c’est un monument de rigueur et de grâce qui a trôné sur les tables de Napoléon III, des tzars de Russie et des papes, traversant les siècles sans jamais perdre de sa superbe.
Baccarat
Au cœur de la Lorraine, là où les forêts de chênes rencontrent les eaux de la Meurthe, s’écrit depuis 1764 une épopée de sable et de feu. Née d’une volonté royale sous le règne de Louis XV, la manufacture de Baccarat n’était d’abord qu’une promesse de verre. Il fallut attendre l’aube du XIXe siècle pour que la matière s’ennoblisse, troquant sa roture pour la clarté absolue du Cristal.

Buckingham

L’ Apogée du geste
Le XIXe siècle fut celui des virtuoses. Dans le secret des ateliers, les maitres verriers apprirent à dompter les couleurs- du Rouge à l’Or flamboyant aux bleu les plus profonds- et à sculpter la transparence. Le cristal fut taillé comme le diamant, gravé comme la dentelle. Le service Trianon, né en 1834, devient l’étendard d’un art de vivre à la française, où chaque verre est une architecture de lumière posée sur les nappes de l’aristocratie européenne.
St Louis
C’est dans une vallée au cœur de la forêt, appelée anciennement vallée de Münzthal, qu’une verrerie prit place dès 1586. Dans les bois des Vosges du Nord, son emplacement offrait une facilité d’accès aux ressources nécessaires pour la fabrication du verre. Deux siècles plus tard, le roi Louis XV la désignera « Verrerie Royale » puis « Saint-Louis ». Par la suite, en 1781, la découverte du procédé de fabrication du cristal sera une étape majeure dans son histoire puisqu’elle deviendra aussitôt « Cristallerie Royale de Saint-Louis » et première manufacture produisant du cristal Français. Aujourd’hui on ne parle donc plus de verrerie Saint-Louis mais bien de la “Cristallerie Saint-Louis”.

À la mort du fondateur en 1945, son fils Marc Lalique a pris la direction de l’entreprise et a remplacé le verre par le cristal, une matière plus dense et plus brillante. Ce changement technique a permis d’affiner la précision des sculptures et des pièces de table. La manufacture a conservé ses savoir-faire artisanaux tout en diversifiant ses activités vers l’architecture et la joaillerie contemporaine. Aujourd’hui, l’entreprise appartient au groupe suisse Lalique Group, mais continue de produire ses pièces historiques et de nouvelles collections dans ses ateliers alsaciens.
Lalique
L’histoire de la maison Lalique commence avec René Lalique, un bijoutier qui a renouvelé les codes de son métier en privilégiant des matériaux comme le verre, la corne ou l’émail plutôt que les pierres précieuses traditionnelles. Après avoir marqué l’Art Nouveau par ses créations organiques, il s’est tourné vers la production industrielle de flacons de parfum pour François Coty, puis d’objets décoratifs. En 1921, il a installé sa manufacture à Wingen-sur-Moder, en Alsace, où il a développé un style plus géométrique propre à l’Art Déco, caractérisé par l’utilisation de verre satiné et moulé.

René Lalique


